Scaler demande de la méthode : Rencontre avec les fondateurs d’Axeptio
Ce n’est pas une réunion classique ni une conférence figée : c’est un Scale Talk, un moment suspendu, entre transmission et inspiration. Tous les deux mois, l’équipe se retrouve pour écouter le parcours de personnalités qui partagent leurs réflexions et leurs expériences autour de la croissance . Ce soir-là, c’est Delphine et Romain, cofondateurs d’Axeptio qui prennent la parole.
“Axeptio, c’est une plateforme de gestion du consentement. Notre parti pris, c’est de transformer une expérience légale ennuyeuse en un véritable point de contact marketing.“
En savoir plus sur l’entreprise
AXEPTIO : Créée en 2016 et portée par une première levée de fonds de 3,5 millions, en 2024, l’entreprise amorce son expansion internationale avec un Go-To-Market au Québec. Cette année, elle accélère avec l’ouverture d’une filiale à Montréal et s’ouvre au marché brésilien avec l’acquisition d’AdOpt, acteur incontournable au Brésil dans la gestion du consentement numérique.
Lorsque le scale redéfinit le rôle du dirigeant
Ce qui frappe d’abord, c’est la sincérité du duo.
“Le scale, ce n’est pas juste une étape, c’est un changement de posture”, dit Romain.
Après la fougue des débuts, vient le temps de structurer, processer et professionnaliser. Un chemin incontournable pour rendre scalable son entreprise et accompagner son impact.
“Ce n’est pas le chiffre d’affaires ou le nombre d’employés qui compte,” ajoute-t-il, “mais le moment où tu passes d’un modèle artisanal à une organisation reproductible.”
Delphine renchérit : “Passer à l’échelle, c’est accepter de ne plus être partout. C’est faire confiance, déléguer, cadrer.”
Ils racontent ce moment de bascule, où la culture orale ne suffit plus, où l’intuition seule ne peut porter l’ambition. Il a fallu bâtir une équipe de direction, ritualiser les décisions, documenter ce qui était flou. Un vertige, mais surtout une transformation.
Romain poursuit : “On a véritablement professionnalisé notre niveau de jeu, notre niveau de reporting, notre maîtrise de nos métriques business et financières.” Une bascule qui s’est faite progressivement, avec une transformation du rôle de fondateur vers ceux de dirigeants
Delphine résume :
“C’est une transition vers un autre métier. On sort du mode expérimental pour cadrer davantage. Ça ne veut pas dire tout figer, mais créer un cadre pour que chacun gagne en autonomie.” Elle revient sur la nécessité de se réinventer comme dirigeants : apprendre à déléguer, à faire confiance, à s’effacer parfois.
Pour réaliser cette progression, leur plus grosse mission a notamment été de s’entourer des bonnes personnes et surtout de profils qui allaient pouvoir contribuer à la structuration de l’entreprise.
Piloter la croissance sans diluer sa culture
Les membres de l’équipe ne sont pas de simples spectateurs. Les regards s’étonnent de découvrir un modèle de fonctionnement interne aussi similaire au nôtre et les questions apparaissent. L’un interroge : “Comment on garde l’âme de l’entreprise quand tout va plus vite ?” Delphine répond : “On se parle. Beaucoup. Et surtout, on documente. On a passé des mois à écrire ce qui était flou : nos objectifs, nos indicateurs, nos arbitrages. C’est devenu notre colonne vertébrale.”
Romain complète en présentant Notion comme la base de connaissances de l’entreprise dans laquelle chacun peut retrouver les points essentiels de la trajectoire, les valeurs, et les ambitions de l’entreprise.
Ils évoquent aussi des sujets sensibles : les recrutements ratés, les départs douloureux, les erreurs de casting. Delphine confie : “On a trop attendu parfois. On voulait que ça marche, humainement. Mais une mauvaise décision managériale, ça se paie longtemps.” Pour autant, ils assument une culture bienveillante, mais exigeante : la clarté, la régularité, et la réactivité sont leurs piliers.
Romain partage ce que ces erreurs leur ont appris : l’importance d’aligner les valeurs dès le départ, de soigner l’onboarding, de dire les choses vite quand ça ne va pas. Des conseils précieux pour tout dirigeant soucieux de motiver ses collaborateurs et de cultiver une culture d’entreprise saine.
Nourrir sa vision pour nourrir sa croissance
Pour l’équipe Matchers dans la pièce — ou ceux qui liront ces lignes —, le Scale Talk est une manière de se nourrir de visions nouvelles. Il rappelle que scaler une entreprise, ce n’est pas seulement une question de chiffre d’affaires ou d’effectif. C’est une question de vision, de structure, et surtout de posture humaine.
Motiver son équipe, ce n’est pas en faire plus. C’est faire mieux, ensemble. C’est partager du sens, créer des repères, ouvrir des espaces d’échange comme celui-ci.
Le format même de ces talks le prouve : l’inspiration peut naître d’un témoignage sincère, d’une anecdote, d’une phrase qui résonne. Et ce sont souvent ces moments-là qui laissent une empreinte durable.
Ce Scale Talk, au-delà de l’inspiration, livre des messages-clés qui résonnent :
- Le scale n’est pas qu’un cap de croissance, c’est un changement de discipline.
- Professionnaliser, ce n’est pas perdre son âme, c’est créer les conditions de la clarté.
- Des outils (Notion, CRM, rituels internes) et l’uniformisation de leur utilisation sont essentiels
“Notre plus grand levier de transformation, c’est d’avoir mis de la clarté partout : dans les rôles, les rituels, les décisions. La clarté, ça permet de se concentrer sur ce qui est important et ça renforce l’autonomie. Dans une équipe qui grandit ce n’est pas rien”.
Après 1h d’échange…
Le Scale Talk se termine, les chaises se poussent, les conversations continuent autour d’un verre. On ne quitte pas vraiment la rencontre : on la prolonge. Ce qui a été dit reste en tête, alimente les discussions internes, inspire les décisions à venir.
C’est aussi ça, une entreprise en scale : un collectif qui grandit, ensemble, à travers les expériences partagées.
Chacun repart avec une idée, un conseil, ou une remise en question en tête. Le Scale Talk n’a pas vocation à tout résoudre — mais à ouvrir des perspectives.
Et si c’était ça, finalement, motiver une équipe en phase de scale : créer des espaces de dialogue en dehors de la ToDo de la semaine ou des objectifs mensuels avec transparence et ambition.En attendant, la prochaine édition une question reste ouverte : qu’avez-vous mis en place, vous, pour soutenir la montée en puissance de votre entreprise et la motivation de vos équipes ?