D’entrepreneur à coach pour l’émission QVEMA : le parcours surprenant de Raphaël
Chez Matchers, tous les 2 mois, un membre de notre écosystème prend part à un rendez-vous inspirant : un Scale Talk. Pour cette troisième édition, c’est Raphaël Girardin, expert Matchers, entrepreneur et coach de l’ombre dans l’émission « Qui veut être mon associé ? », qui a partagé son parcours. Une histoire de convictions, de galères, de décisions trop tardives et d’opportunité.
Un coup de fil… 2 mois trop tard
Tout commence par un coup de téléphone en février 2019. Raphaël reçoit une proposition inattendue en tant qu’entrepreneur : participer à une adaptation française d’un format télé américain. Ils veulent qu’il vienne présenter sa boîte et son projet sur un plateau télé. Problème : 2 mois plus tôt, la boîte venait d’être reprise.
L’entrepreneuriat et son lot d’apprentissages
La naissance de Matahi : une boisson avec de l’ambition
L’idée remonte à 2009. Inspiré par le déploiement de Red Bull, Raphaël cherche une alternative naturelle à cette boisson énergisante qu’il trouve géniale mais avec une composition qui fait débat. Il tombe sur le fruit du baobab, « Ce fruit, c’était la solution à tout pour moi, parce qu’un fruit du baobab c’est équivalent à 30 oranges en vitamine C, c’est 5 fois plus d’antioxydants que la grenade. Je me suis dit “c’est parfait pour faire la boisson énergisante naturelle concurrente de Red Bull” ». Il monte une filière d’approvisionnement en Afrique, travaille avec un fabricant du Sud de la France et bâtit sa marque autour de valeurs fortes.

« Il y a des personnes que je n’ai pas su écouter et d’autres à qui je n’aurais pas du demander leur avis. » Autour de lui, il pitche et ne trouve quasiment que des personnes qui trouvent son produit canon. « Pourtant, ceux qui n’ont cessé de me répéter que ma boisson était top ne l’on jamais acheté. J’ai donc compris que cela ne pouvait pas être eux mes consommateurs. »
Premiers pas et premières erreurs
Il se lance sans réelle expérience sur le marché de la boisson en France et fait l’erreur de baser son étude de marché sur les géants du secteur. “Je pensais que mon persona, c’était des gens actifs, sportifs entre 24 et 45 ans… En fait, c’étaient Josette et Robert, 80 ans et je me rend compte que c’est eux qui ont vraiment besoin d’énergie naturelle ou du moins d’antioxydants et surtout que c’est eux que j’aurais dû interviewer.”
Canal de vente et rentabilité, le digital ne fait pas le poids
En 2012 la vente en ligne est beaucoup moins développée qu’aujourd’hui mais on lui repète que “le digital c’est l’avenir” alors Raphael crée le site internet de Matahi. Avec des frais de port élevés pour un colis aussi lourd que des boissons dans des bouteilles en verre et le paramètre “fragile” dans l’équation, il comprend très vite que cela ne pourra pas être rentable.
L’époque des jeunes pousses
La chance de cette époque ? L’ouverture florissante des magasins bio. Il prend sa voiture, démarche en physique. « Je ne l’avais pas vu venir mais ça été extraordinaire pour moi. Le service vendait le produit. C’est quand j’ai compris que je devais livrer en 48h et faire goûter le samedi que ça a marché. » Il change alors de posture : livraison rapide, dégustations en boutique, service aux petits oignons et surtout il change de clients.
Les projecteurs trop vite
Lors d’une livraison dans l’un de ses points de vente, il rencontre le responsable communication de l’enseigne et lui demande d’apparaitre dans leur prochain communiqué de presse. L’info est reprise et pas qu’un peu, il apparait alors dans le Parisien, Glamour et même Air France Magazine. Problème ? Il n’a pas de réseau de distribution en place. « Une avalanche de demandes… sans moyen d’y répondre. »
Vers une nouvelle étape
Avec cette belle traction initiale, Raphaël veut aller plus loin. Il s’associe et prépare une nouvelle phase de développement pour Matahi. L’ambition est claire : changer d’échelle, lancer une nouvelle gamme, structurer l’entreprise pour la croissance.
De la levée de fonds à la reprise
L’élan de la levée de fonds
Pour soutenir cette nouvelle dynamique, Raphaël mène une levée de fonds d’envergure. En 2016, Matahi lève 1,5 million d’euros auprès de Capagro, de Sofilaro, de la BPI, ainsi que de business angels. L’objectif : accélérer la distribution, étoffer la gamme et structurer les opérations. C’est un tournant. L’équipe s’agrandit, les ambitions aussi. Mais cet argent amène aussi son lot de nouvelles responsabilités et de décisions.
Une relance bloquée en pleine course
Alors qu’il prépare une nouvelle gamme de produits pour repositionner Matahi, des problèmes majeurs de production viennent tout enrayer. Une contamination en usine, des stocks impropres, des rappels produits… Les distributeurs se retirent les uns après les autres.
Reprise et renaissance
La trésorerie fond. Il se prépare méticuleusement. La marque est reprise par un distributeur alimentaire.
« Ma fierté : Matahi existe encore. »
Une opportunité qui permet de prendre du recul
Un nouveau chapitre avec M6
Alors que la page Matahi se tourne, un nouveau chapitre est sur le point de s’écrire. M6 le contacte à nouveau. Il ne peut plus être candidat, mais la production cherche un coach. Il accepte. Sa mission : préparer les candidats de l’émission Qui veut être mon associé ?.

Il accompagne les porteurs de projets sur leur pitch, challenge leurs valorisations, les met en condition pour affronter les investisseurs. Il en analyse des dizaines chaque saison : business models, cohérence des marges, posture entrepreneuriale.
« Mon rôle, c’est de m’assurer que les entrepreneurs soient prêts et leur valo cohérente. C’est à la fois stratégique, émotionnel et pédagogique. »
Le présent : transmission et coaching
Aujourd’hui, Raphaël est coach en pitch, en stratégie de levée de fonds, et co-dirige un incubateur. Il tire une grande satisfaction de ce rôle :
« Parler de mes échecs aide les autres. Et moi, ça m’a permis d’analyser mon parcours. »